Des images dégradantes, un décor indescriptible, tel est le vécu ce lundi à l’hémicycle, le temps de l’installation du bureau de la 14 éme législature.

Le sens de la responsabilité et de la retenue aurait-t-il perdu de sa superbe dans ce lieu de débat?
Dr Amadou Mame Diop qui a nouvellement installé dans des conditions pareilles dans ses fonctions de président de l’Assemblée nationale pour 5 ans sera-t-il à la hauteur comme l’ont été ses prédécesseurs? Où sont passées les promesses d’une assemblée de rupture tant vantée. Des questions hélas sans réponse pour un début.
L’opposition réunie autour de Yewwi et Walu cherche à bloquer le fonctionnement de l’hémicycle sans pour autant respecter le règlement intérieur de l’Assemblée nationale en évoquant
des problemes d’incompatibilité. Cela constinue une erreur de sa part. Soit les députés ne maitrisent pas la loi, soit c’est la loi qui n’est pas assez claire sur ce point.
Par contre ce qu’elle aurait dû éviter c’est d’avoir porté 3 candidats à la présidence.
La vérité pour certains, c’est qu’il s’agit d’un un échec de l’Etat. Car, c’est à la fois honteux et scandaleux que la présidente, Aida Sow Diawara soit obligée de faire appel aux forces de l’ordre pour évacuer cet état de siège créé par certains députés. Je ne suis pas le secret des Dieux mais j’aimerais bien savoir ce qu’elle pensera à tête reposée d’avoir amené la gendarmerie dans l’enceinte de L’assemblée nationale.
C’est encore plus honteux que l’histoire se répète comme en 1962, où le Président Senghor avait fait recours à la gendarmerie.
Aucune élégance dans les actes encore moins dans les paroles avec des députés censés représenter le peuple, qui ont failli en venir aux mains avec les gendarmes: résultats des courses, des micros arrachés, des tables et chaises sacagées.
Tout le monde est choqué par l’image montrée par cette quatorzième législature comme si l’opposition était dans une logique de sabotage. Mais dans tous les cas, cette situation aurait pu être évitée par respect pour le peuple sénégalais qu’ils représentent.
Avons-nous réellement besoin de ce recul de 60 ans? Je ne le crois pas, c’est pourquoi il urge de repenser notre démocratie. Car le pays n’appartient pas aux hommes politiques qui ne représentent même pas 3% des sénégalais et qui veulent les tenir en otage.
L’autre point déplorable, c’est la responsabilité des médias qui ont forgé de toute pièce des faucons avec en bandoulière, des discours va-t-en guerre et impopulaires à l’hémicycle. Aujourd’hui le résultat est là. On a des irresponsables à l’Assemblée qui se font appeler « honorable » et qui n’honorent pas le peuple dans l’honorabilité et ce n’est que l’arbre qui cache la forêt puisque nous ne vivons que le début du commencement si des changements drastiques ne sont pas opérés de part et d’autres.
Cet avant goût n’augure rien de bon, l’on se demande quel comportement auront les députés de cette nouvelle législature lors des prochaines séances?
Certes les responsabilités sont partagées mais celles des hommes des médias sont patentes et indiscutables pour avoir publié et diffusé des discours chimériques et surtout promu la médiocrité.
L’Assemblée de rupture ne sera pas pour demain car avec tout ce que l’on voit et entend, nous sommes encore loin des promesses de rupture malheureusement.
Tous ces évènements qui se succèdent et se ressemblent où l’on voit des députés s’injurier et se battre, n’honorent nullement le Sénégal, un pays où manger et boire pose véritablement problème pour bon nombre de concitoyens qui, en plus sont submergés par les eaux de pluie.
Ce qui s’est passé est un cas d’école, qui devrait nous permettre d’y méditer, d’en tirer des leçons mais surtout de nous regarder en face et de nous dire la vérité.
Tant que nous fermerons les yeux sur cette vérité-là, nous nous cacherons toujours derrière des excuses.
N’oublions pas que le Sénégal est au-dessus de tout intérêt personnel.
Car on ne peut pas être choisi par le peuple pour la défense de ses intérêts et verser dans la violence et la bassesse dans un lieu aussi sacré que l’Assemblée nationale.
Aly Saleh Journaliste/Consultant

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