Les défis du nouveau gouvernement
L’économie Sénégalaise se porte mal. En effet, après la crise de la covid-19 il y a celle de l’Ukraine. A ces deux crises s’est ajoutée celle de la double inflation qui fait qu’aujourd’hui le pouvoir d’achat des ménages sénégalaises, notamment les plus vulnérables se voit sauvagement fragilisé. Le quotidien des sénégalais est devenu insupportable dont la nécessité selon le président Macky Sall de prendre de nouvelles mesures avec son nouveau gouvernement installé samedi. Mais, l’économiste Mor Gassama souligne d’emblée qu’il s’agit d’un gouvernement pléthorique. Qui selon lui, pourrait être source de cafouillage comme on en a connu dans le passé. « Ce nouveau gouvernement n’a qu’un seul mot d’ordre : s’attaquer efficacement à la demande sociale pour mieux préparer l’élection présidentielle de 2024 », a-t-il affirmé. Et pour cela, il faudrait rapidement qu’il mette en œuvre des mécanismes permettant d’alléger la souffrance des ménages face à cette inflation galopante et le chômage des jeunes. Selon lui, des mesures concrètes doivent être prises pour appuyer davantage le privé national afin de booster la production en quantité et en qualité. Pareillement dans l’élevage et l’agriculture pour avancer significativement dans l’objectif de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire tel que décrit dans le cadre du PAP2A. Se référant à la théorie économique, notamment au cycle politico-économique de Kaleki et Nordhauss, l’enseignant chercheur à l’Ucad affirme qu’on se dirige vers des élections donc la rationalité politique va prendre le dessus sur la rationalité économique. «Pour redémarrer la machine économique, il faut d’abord savoir ce qui la bloque », précise son collègue Souleymane Keita, indiquant que le Sénégal, à l’instar d’autres pays de l’Afrique et même du monde, traverse une crise multidimensionnelle. Ainsi, dit-t-il, il faudra s’attaquer aux crises multiformes, voire comment juguler la crise Ukrainienne, la crise pétrolière entre autres pour redémarrer la machine économique. Ce qui ne consistera pas seulement, selon lui, à faire des investissements, ni de relancer la croissance économique, mais à s’appuyer sur les secteurs prioritaires. Il faudra également prendre des mesures fortes qui consisteront à apporter des politiques de soutien efficaces aux populations pour espérer leur redonner espoir. « Il faut soutenir la consommation pour permettre aux ménages de supporter le coût de la vie », martèle l’économiste. Et de suggérer : «Il faudra également faire en sorte que les entreprises qui sont en difficulté ne mettent pas la clef sous la porte. Et cela passera par des mesures de subventions ».
Khady Gueye

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