Après de violents combats qui ont fait mardi au moins 100 morts, des affrontements ont de nouveau éclaté mercredi à la frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, dont les relations sont empoisonnées par un différend territorial autour de la région du Haut-Karabakh. Berlin exhorte les deux parties à stopper leur conflit « qui menace toute la région ».

La situation reste explosive entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Erevan et Bakou se sont accusés mutuellement mercredi 14 septembre d’avoir mené de nouvelles attaques, au lendemain des pires violences entre les deux pays depuis la guerre de 2020 pour la région disputée du Haut-Karabakh.
Au moins 100 soldats arméniens et azerbaïdjanais sont morts mardi lors de ces affrontements. La Russie a annoncé un cessez-le-feu mais les deux camps se sont déjà accusés de l’avoir violé.
L’Azerbaïdjan a par ailleurs proposé de remettre à l’Arménie les corps de ses soldats tués dans les combats.
Le ministère arménien de la Défense a affirmé mercredi que Bakou « avait repris ses attaques avec de l’artillerie, des mortiers et des armes de gros calibre dans les directions de Djermouk, Verin Chorja ».
Pour sa part, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a affirmé mercredi matin que les forces arméniennes avaient violé le cessez-le-feu et « bombardé pendant la nuit nos positions dans les zones de Kelbajar et Latchine avec des mortiers et de l’artillerie ».
Le gouvernement allemand a exhorté l’Arménie et l’Azerbaïdjan à « cesser immédiatement toute action susceptible de mettre en danger la sécurité entre les deux pays ainsi que la région, et (…) à poursuivre le dialogue à tout prix », a déclaré lors d’un point-presse régulier le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. Il a ajouté que Berlin soutenait « l’offre de médiation de l’Union européenne ».
Inquiétude de la communauté internationale
L’Arménie et l’Azerbaïdjan, deux ex-Républiques soviétiques rivales du Caucase, se sont affrontés lors de deux guerres au cours des trois dernières décennies pour le contrôle de la région du Haut-Karabakh, la dernière ayant eu lieu en 2020.
Les nouveaux combats illustrent combien la situation reste tendue dans le Haut-Karabakh, mais aussi à la frontière officielle entre les deux pays.
Des femmes de soldats arméniens blessés au combat devant l’hôpital militaire d’Erevan, le 13 septembre 2022.
L’Arménie a appelé la communauté internationale à réagir, tandis que l’Union européenne, les États-Unis, la France, la Russie, l’Iran et la Turquie se sont tous déclarés très inquiets et ont appelé à la fin des violences.
Historiquement compliquées, les relations entre Erevan et Bakou continuent d’être empoisonnées par leur différend au sujet du Haut-Karabakh, enclave majoritairement peuplée d’Arméniens ayant fait sécession de l’Azerbaïdjan avec le soutien de l’Arménie.
Après une première guerre qui a fait plus de 30 000 morts au début des années 1990, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont affrontés à nouveau à l’automne 2020 pour le contrôle de cette région montagneuse.
Plus de 6 500 personnes ont été tuées dans cette nouvelle guerre, perdue par l’Arménie.
Avec AFP

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