La hausse des prix occupe l’esprit des ménages. Assurer trois repas par jour devient quasi impossible pour certains. Abdou Karim Fofana, le nouveau ministre du commerce est appelé à prendre des mesures pour alléger la souffrance des consommateurs en diminuant les prix des denrées alimentaires.
C’est un casse-tête pour les ménages. Face à l’inflation qui frappe de plein fouet les denrées alimentaires, assurer trois repas par jour devient quasi impossible pour certains qui s’en limitent de nos jours à deux. Le panier ménagère a connu une hausse inédite et devient de plus en plus insupportable. «Je suis dégoutée. Jamais j’ai été peinée à faire le marché», s’indigne une dame qui fait savoir qu’elle a décidé de faire les courses à la place de ses enfants, malgré l’avancé de son âge. «Même si c’est dur de faire le marché tous les jours à mon âge, je suis obligé, car ça me permet d’aller vers l’essentiel. Je m’efforce à assurer deux repas par jour», ajoute-t-elle, avec chagrin. Et de préciser : «On dépense toujours plus que prévu. Arrivés au marché, nous sommes toujours tenus de faire des opérations en ligne ». «Il faut qu’on s’en tienne à l’essentiel sinon on s’en sort pas », martèle, la soixantaine.
« Des dépenses souvent financées avec de la dette »
Vendeuse de poissons au marché Castors, Aïda Diaw dévoile sa détresse. «On est à bout de souffle. Je suis d’une famille de pêcheurs. Le petit commerce du poisson, notre source de revenu pour se nourrir et assurer d’autres besoins de la famille, n’apporte plus grand-chose alors que la vie devient de plus en plus chère. Tous les produits ont augmenté. Ne serait-ce qu’un sac de riz et une bouteille d’huile de 20 litres, il faut débourser environ 50 mille francs», déplore cette mère de famille. Qui explique : «Au temps, la cassette de poisson nous revenait à 17 mille. Maintenant on l’obtient entre 40 et 60 mille francs Cfa. Nos bénéfices sont réduits ». «On ne parle plus d’économie mais de dette. Parfois nous sommes obligés de s’endetter pour assurer la dépense quotidienne», regrette Aïda. Les conséquences de l’inflation sont perceptibles dans les foyers. Panier rempli de légumes à la main, Mme Dia déclare que les femmes sont toujours les principales victimes. «Dans les couples, les incompatibilités d’humeur se multiplient. Les hommes qui ne connaissent pas la réalité des prix dans le marché s’en prennent souvent à leur femme. Certains vont jusqu’à les taxer de dépensière», explique-t-elle. Outre la hausse des prix des denrées de première nécessité telles que le riz et l’huile, le poisson se raréfie, les légumes sont intouchables. Le kilogramme de choux, de carottes, de manioc coûte respectivement 700, 600 et 500 francs CFA. Sillonnant les étales de légumes en compagnie d’un garçon qui l’aide à transporter son sac rempli de légumes et d’autres condiments, Mame Fama Ndiaye tacle le gouvernement sortant. «Une série de mesures prises non appliquées à la lettre et des promesses non tenues, c’est le bilan du gouvernement sortant», dit-elle.
 Le nouveau ministre du commerce interpellé
Abdou Karim Fofana, le nouveau ministre du commerce en remplacement d’Aminata Assome Diatta a sur ses épaules le poids de la cherté des denrées alimentaires. «Les revenus n’augmentent pas à la même vitesse et le pouvoir d’achat est en chute libre», fait-elle remarquer, Alberti, une jeune dame ivoirienne vivant au Sénégal. Selon elle, le coût de la vie est devenu insupportable. «Il faut que le nouveau ministre du commerce fasse quelque chose pour alléger la souffrance des populations et le plus rapidement possible», lance-t-elle. «Tout ce que nous attendons de ce gouvernement, particulièrement du nouveau ministre du commerce, c’est de baisser les prix, de veiller à l’approvisionnement correct du marché local, mais surtout de déployer des agents contrôleurs des prix sur le marché pour éviter les spéculations», ajoute Mame Fama.
Khady GUEYE

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