Six mois d’emprisonnement ferme, c’est la sanction infligée à Abdou Guèye pour escroquerie. Se disant fonctionnaire de l’État, le prévenu a convaincu le commerçant Mass Wade d’investir 14 millions francs dans un projet fictif de vente d’œuvres d’art en provenance du Cameroun.
Mass Wade, 48 ans, a été victime d’une arnaque de la part d’Abdou Guèye qui lui a présenté un projet chimérique de vente d’œuvres d’art classées patrimoine historique Camerounais. Pour l’importation des articles, le mis en cause a demandé à sa victime de contribuer à hauteur de 14 millions francs. Au bout d’une semaine, Wade devait non seulement récupérer le capital mais aussi encaisser une commission de 4,5 millions francs. Car l’escroc lui a assuré qu’un américain allait racheter les œuvres. Ayant trouvé la proposition alléchante, Mass Wade a sauté sur l’occasion. Mais, lorsque le délai est arrivé, Abdou Guèye a fait savoir à Wade qu’il ne pouvait plus respecter ses engagements parce qu’il a été floué par un Sénégalais et un Camerounais. C’est alors que Mass Wade a saisi la Division des investigations criminelles (Dic) d’une plainte pour escroquerie.
Devant les enquêteurs, Abdou Guèye, 38 ans, a signalé que les objets d’art qui lui ont été livrés n’étaient pas authentiques. Il a sollicité un délai d’un mois pour rembourser le plaignant alors que ce dernier court derrière son argent depuis presque un an. Déféré le 2 septembre passé, le prévenu a été traduit devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Se disant fonctionnaire dans une unité rattachée au ministère des Mines, Abdou Guèye s’est positionné en victime, arguant qu’il a perdu 32 millions francs dans le projet. A l’en croire, il a même intenté un procès contre ses bourreaux à Douala. Seulement, l’identité qui se trouve dans le plumitif est différente de celle du prévenu. La partie civile a souligné que c’est son ami Abdou Lakhat Lô qui l’a convaincu d’investir son argent dans le projet. À titre de réparation de son préjudice, Mass Wade a réclamé 15.650.000 francs. Pour l’avocate de la société, le projet n’existe que dans l’imagination du prévenu. A cet effet, elle a sollicité six mois d’emprisonnement ferme. D’après Me Baba Diop, le comparant a gagné son procès contre le Camerounais, lequel a été condamné à trois mois ferme et à payer 49 millions francs, en guise de dédommagement. Le conseil de la défense a ainsi plaidé la relaxe pour l’escroquerie. Il a demandé au tribunal de condamner le prévenu à rembourser la partie civile. Mais, le président de la séance a délivré un séjour carcéral de six mois ferme au prévenu qui doit s’acquitter de 15.600.00 francs pour l’indemnisation de la victime.
KADY FATY

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