La police tunisienne a interrogé, dans la nuit de mardi à mercredi, le principal chef de l’opposition et ancien président du Parlement Rached Ghannouchi au sujet d’accusations de terrorisme qui sont, selon lui, politiquement motivées. Il doit comparaître de nouveau mercredi devant le pôle judiciaire antiterroriste.
Le chef du parti d’inspiration islamiste Ennahdha en Tunisie doit de nouveau se présenter mercredi 21 septembre devant le pôle judiciaire antiterroriste après avoir été interrogé par une unité de la police dans une affaire d’envoi présumé de jihadistes en Syrie et en Irak.
Arrivé mardi après-midi, Rached Ghannouchi, 81 ans, n’a quitté les locaux de l’unité antiterroriste de la police à Tunis que mercredi à 6 h 15 (5 h 15 GMT), a constaté un correspondant de l’AFP.
Il a été interrogé toute la nuit de mardi à mercredi par les enquêteurs de cette unité, a indiqué à l’AFP son avocat Samir Dilou. Il doit comparaître de nouveau mercredi devant le pôle judiciaire antiterroriste, a-t-il ajouté.
Une autre personnalité d’Ennahda, l’ancien premier ministre Ali Larayedh, a également été convoqué lundi. Il a été interrogé dans la soirée et la nuit de lundi et placé en détention.
M. Ghannouchi devait initialement être interrogé lundi mais il a attendu pendant douze heures dans les locaux de l’unité policière sans être entendu avant que son audition ne soit reportée à mardi, selon son mouvement qui a dénoncé « une forme de torture ».
L’affaire des expéditions de jihadistes refait surface
Après la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, des milliers de Tunisiens avaient rejoint les rangs d’organisations jihadistes, notamment le groupe État islamique (EI), en Irak, en Syrie et en Libye.
Le parti Ennahdha, pilier des gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis 2011, est soupçonné par ses détracteurs et une partie de la classe politique d’avoir facilité le départ de ces jihadistes vers les zones de conflit, ce que le mouvement dément catégoriquement.
L’affaire dite de « l’expédition de jihadistes », qui fut au cœur du débat politique pendant des années, a refait surface ces dernières semaines en Tunisie.
Les deux hommes, ainsi qu’Ennahda, accusent la police d’utiliser l’enquête pour les intimider en raison de l’opposition du parti au président Kaïs Saïed, qui a dissous le parlement et renforcé ses pouvoirs par le biais d’un référendum constitutionnel en juillet.
Aucun commentaire n’a été fait par la police ou d’autres autorités sur cette affaire.
Ennahdha ne cesse de dénoncer des accusations « fabriquées » et accuse le pouvoir de chercher à détourner l’attention de l’opinion publique des « préoccupations économiques et sociales et de la dégradation des conditions de vie ».
M. Ghannouchi avait déjà été interrogé en juillet dans le cadre d’une enquête pour des soupçons de corruption et blanchiment d’argent liés à des transferts depuis l’étranger vers une organisation caritative affiliée à Ennahdha.
Avec AFP et Reuters

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